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FOPElab représente un format sans précédent pour explorer la culture visuelle contemporaine. Il propose un dialogue entre la marque et de jeunes talents de la photographie et des arts visuels, invités à interpréter les bijoux FOPE à travers un regard personnel. Le dernier FOPElab accueille Sara Scanderebech, artiste et photographe, qui présente les bijoux FOPE immergés dans une réalité virtuelle chargée d’émotion. Les diptyques photographiques de Sara Scanderebech évoquent un imaginaire greffé d’éléments qui jouent à renverser et à transformer l’état du sujet, du réel au virtuel. L’idée centrale qui émerge de cette rencontre est la création d’une dimension onirique sans temps ni espace, un monde invisible qui abrite des objets sophistiqués et technologiques.

https://www.fope.com/wp-content/uploads/2023/07/1_Sara_Scanderebech.jpg

Avoir un espace d’expérimentation au sein du système de la mode est très intéressant, car mon langage est très spontané et non canonique.

SC — J’ai commencé comme peintre, donc je ne me suis jamais considérée comme une photographe de mode. Cela n’enlève rien au fait que, lorsque je tombe sur des projets qui correspondent à mon histoire, comme dans le cas de FOPE, je suis heureuse d’y participer, notamment parce que la nature morte est proche de mon univers et ne nécessite pas d’approche formaliste. Je crois que le secret de cette spontanéité en photographie, la même avec laquelle j’ai essayé d’observer les bijoux FOPE, vient du regard libre des réseaux sociaux, un langage inclusif qui vient d’en bas et influence constamment la culture visuelle contemporaine. La ville est une grande source d’inspiration pour moi. J’ai déménagé à Milan pour profiter quotidiennement d’un apport culturel en matière d’art, de cinéma et de musique. Pouvoir choisir, chaque jour, quelle exposition voir ou où aller écouter de la musique est essentiel pour moi, car ce sont tous des éléments que je retranscris ensuite dans ma propre pratique. Dans mon quotidien, j’alterne entre des périodes de travail dans mon studio à domicile et des journées où je me vide la tête et profite pleinement de la ville. Je me rends compte, cependant, que je suis très attirée par la nature, peut-être parce que je considère les contextes plus provinciaux comme des occasions de recueillement. Mon processus est un processus d’épanouissement, je me referme pour créer et je m’ouvre lorsque j’ai besoin de laisser entrer les stimuli, et pour cela, être au centre est aussi nécessaire que sortir.

SC — Dans ma photographie, l’objectif est de détacher la vision de la réalité ; mon désir est toujours de créer d’autres visions et intrusions. L’idée du projet pour FOPE est venue d’une photo d’un bijou posé sur un écran. À partir de là, j’ai commencé à réfléchir à la possibilité d’utiliser certaines de mes photos d’archives, à la fois pour avoir un imaginaire abstrait cohérent et pour ne pas prendre en compte d’autres objets dans le dialogue avec les bijoux. J’ai longuement réfléchi à la manière de transmettre la dualité entre la technologie et l’artisanat inhérente aux bijoux FOPE. Je voulais que le dialogue entre les bijoux et l’espace que j’ai conçu émerge. Des détails de plantes, d’animaux, d’objets et de corps sont ainsi transformés en de nouveaux symboles en relation avec les bijoux FOPE. Pour moi, il est important de créer une tension émotionnelle suspendue quelque part entre l’attraction vers le sujet représenté et son rejet.

C’est cette simultanéité de l’aspect luxe quotidien et confort que j’apprécie dans les bijoux FOPE.

SC — J’adore la possibilité d’utiliser de nouveaux outils pour créer, tout comme j’adore les médias sociaux et numériques ; à tel point que je les utilise comme sources pour mes recherches esthétiques et formelles. La plupart des choses que j’aime faire en photographie n’auraient jamais pu être faites il y a vingt ans : je ne peux pas m’imaginer sans macro, sans autofocus et sans écran. Travailler avec les bijoux FOPE m’a fait réaliser à quel point cela s’applique également aux bijoux : par exemple, le bracelet Solo avec des rondelles en or jaune, rose et blanc m’a émerveillée précisément grâce à la technologie Flex’it des maillons élastiques.

Je considère la technologie comme une entrée puissante dans le monde et comme un outil essentiel pour ma création.

SC — Si je pouvais inventer une nouvelle technologie dans le domaine de la photographie, ce serait des micro-jumelles capables d’approcher un animal ou un autre sujet sans le déranger. Dans mon travail, l’idée d’approche et d’intrusion est fondamentale, d’où la relation avec le sujet. Je n’aime pas voler des images ; je veux plutôt toujours établir un lien avec ce que je photographie et le toucher, surtout dans la nature.

BIOGRAPHIE

Sara Scanderebech (1985) est une photographe et artiste visuelle milanaise. Elle a étudié les arts visuels à l’Académie des beaux-arts de Brera avant de commencer sa carrière de photographe à la Galleria Carla Sozzani (2008-2016). Son travail oscille entre l’art, la mode et le design et implique une étroite collaboration avec divers artistes, marques et magazines. Pour Scanderebech, la photographie est un moyen d’explorer la réalité et de créer de nouvelles images. Depuis 2017, elle est responsable de la communication chez Paradise, un concept store Marsèll à Milan. Ses projets photographiques ont été exposés dans le cadre d’expositions individuelles et collectives au CDD, à Milan (2022) ; Spazio Martin, Milan (2022) ; Arvest! Photo Fest, La Morra, Cuneo (2021) ; SomoS Art House, Berlin (2022) ; PhotoVogue Festival, Milan (2022) ; Biennale Architettura (2023) et CAMERA – Centro Italiano per la Fotografia, Turin (2023).

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